Arts populaires : Jean-Yves Roux présente la collection mise en vente à Marseille

Le 22 avril 2013 par Christophe Blanc

Jean-Yves Roux - Arts populairesLe 27 avril prochain, quelque 300 œuvres d’art populaire issus de la collection rassemblée conjointement par Marc Billioud et Jean-Yves Roux seront mises aux enchères par Leclere-Maison de ventes. Pour les deux collectionneurs, cette vente est manifestement aussi l’occasion de partager leur passion.

Dans une récente vidéo, Jean-Yves Roux donne ainsi sa propre vision d’un art “réalisé à la fois dans la modestie et dans l’orgueil de laisser une trace d’un moment vécu”. Présentant quelques-uns des lots proposés, il insiste à raison sur “l’inconscient collectif” qui unit ces artistes et sur la puissante émotion qui se dégage de ces objets.

De même, dans la préface du très beau catalogue réalisé pour l’occasion par Leclere Maison de ventes, ces deux passionnés évoquent avec beaucoup de délicatesse et de poésie, les “illustres anonymes” que sont les “artistes populaires” :

“Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Où retournent-ils ces artistes de l’incompris ; libérés des influences, de toute mouvance, sans peur, dans l’affirmation, et sans aucune médiocrité pour leur travail créatif ; ces militants de la planète imaginaire, les pieds sur la terre, la tête dans les étoiles ?
Souvent couverts d’ironie, de sarcasmes ; marginaux de l’impossible du rêve, ils n’ont que faire des fourbes, des mystificateurs de l’art. Ils ne les connaissent pas.
Méfiants de la nature humaine, leur plaisir solitaire incompris les transporte vers la création avec plus de joie et de courage opiniâtre.
Électrons libres, ils n’adhèrent pas à la masse. Leurs rêves sont sans limite ; si l’on mesurait leur esprit, on serait surpris d’en avoir si peu.
Eux, les Elohims, les Dhyans, les anges, vont réaliser, avec leurs contrastes, l’objet unique.
Parfois dans une pensée où une forme de supériorité ne leur est pas étrangère ; souvent dans la modestie et la simplicité. Toujours dans “l’Amour”.
Ils travaillent par coup de désespoir, ils perçoivent la voie pour échapper à l’ordinaire. Le chemin des crucifiés est leur luxe d’inconfort, sur lequel ils rêvent de perfection. Astronautes vivant les étoiles ou le fond de l’immensité, visiteurs de l’infini, ils jouent aux magiciens, sans vouloir étonner. Échappant à la matrice, ils créent leur propre programme. Inconscients de la manipulation, ils se libèrent de la contrainte, se remémorant leur histoire, leur culture. Leur soif de faire trôner leur vision personnelle du monde s’exprime avec courage par leur nouvelle conception politique.
Par leurs attitudes, ils forment une société secrète. Hérétique de l’art conventionnel et de tout pouvoir non contestable, ils traversent la terre et les éthers. Leur manifeste de l’art est le reflet de leur différence. Ils sont les terroristes de l’institutionnel. Le reflet de leur miroir est observé par de faux semblants de l’authentique. Coupables d’innocence, vous devenez leurs juges à l’occasion de cette vente, et leurs créations attendent “le Verdict”.

Pour en savoir davantage sur l’intérêt croissant suscité par les arts populaires, consultez aussi notre article : “Art populaire : des ethnologues aux amateurs d’art”.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *